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Sur le versant Nord du plateau des Bruyères, un espace
sablonneux et graveleux qui se gorge facilement d'eau de pluie,
de nombreuses sources s'écoulent depuis très
longtemps. Un certain nombre d'entre elles, quatorze au total,
ont été reliées par des conduits en bois
d'aulne, un arbre qui croît naturellement au bord de
l'eau, et dirigées vers un réservoir situé
à mi-pente.
Aujourd'hui la nature a fait place à un lotissement
mais la fontaine existe toujours. M. Dufay, notre infatigable
historien local, pourrait-il dire combien de colons du centre
aéré des Bruyères se sont désaltérés
de son onde pure alors qu'il dirigeait cet illustre camp de
vacances ? De ce réservoir donc, l'eau était
acheminée par une conduite en plomb à la fontaine
de Sainte-Aldegonde, sur le place Victor Hugo encore appelée
"petite Place".
De ce point culminant l'eau était distribuée
aux autres fontaines publiques dispersées en ville.
Une autre canalisation fournissait l'eau au couvent des Chartreux.
Cette eau était-elle de bonne qualité ? Les
anciens l'affirment mais certains écrits sont plus
prudents dans leur jugement ; on dit même que parfois
elle avait un goût d'ammoniaque qui pouvait correspondre
aux périodes d'épandage du purin. Je pense qu'elle
était aussi saine que l'eau des citernes ou que l'eau
du marais qui était largement consommée autrefois,
au temps où le mot pesticide ne figurait pas dans le
dans le dictionnaire Larousse.
Saint-Omer a été alimentée en eau jusqu'en
1896, date à laquelle on a fait appel à la nappe
phréatique.
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